La passion selon saint flat...

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La passion selon saint flat...

Message  theflat le Lun 22 Aoû - 19:01

La passion selon saint theflat...

Comment nous est venue la passion pour la motocyclette en général, la BMW en particulier (la série 2 me concernant) ?... Voilà une question qui mérite réponse (comme toute question, sinon, pourquoi s’interroger ?).
Chacun aura ses mots à dire, ou plus exactement ses lignes à écrire... voici les miennes... (gageons qu’elles seront lues... il y a tellement de gens qui parlent seuls, ou qui parlent pour ne rien dire, ou encore qu’on entend mais que l’on n’écoute pas... et ces autres écrits qui ne sont jamais lus !... Ou alors, peut être que les gens n’ont plus rien à partager, encore moins à transmettre ?...).

Quoique provençal solidement enraciné depuis plusieurs générations, j’ai grandi à Paris, dans le ventre de la capitale : les Halles...
Le jour, l’activité urbaine de toute métropole : commerces divers animés, embouteillage, klaxons plus ou moins stridents, piétons (encore courtois à l’époque), les flics réglant la circulation au milieu des carrefours, la dominant sur leur estrade abritée avec sifflet et autre bâton agité... Pour moi, l’école, les leçons et devoirs, les jardins publics (ceux du Palais Royal, des Tuileries, les squares du Louvre avec les statues de Rodin, où se dressent aujourd’hui les pyramides, la Cour Carrée du Louvre... un environnement majestueux qui imposait chaque jour respect du passé...).
La nuit, un village se construisait... un bourdonnement tout autre s’amplifiait : camions de primeurs du midi, produits des bords de mer, produits fermiers de la France entière, mais surtout profonde... les cris, les engueulades, les forts, les pavillons, les piles de billots, les tas de choux-fleurs, les sacs de patates de 25 kg, les loucherbems et les carcasses de viande sur leur dos, les chariots de tripes, ou les seaux de raisiné encore frais, parfois fumant... quelle ambiance, quelle vie !... les restos, les bistrots en plein émoi... car on mangeait à toutes heures... comme on buvait aussi... le café ou le pousse, le p’tit blanc ou le rosé... ainsi, les affaires s’étiraient jusqu’aux aurores.
Les putes n’étaient pas de reste. Connues de tous, elles continuaient leur boulot, apostrophant le client devant l’hôtel de passes, pauvre touriste égaré dans les ruelles encombrées par tant d’activités. «30 balles, et j’te scalpe le mohican...»... «et moi, j’te souffle dans le poireau pour 25»... «salope !... laisse le moi ce gros minet... Pense à mes rentes...»... «hé, Jeannot, tu m’offres un rince-cochon ?»... «mais ouais, la gosse, viens te rincer le cornet»... «t’es gentil, toi... si tu veux, tu pourras emmener le petit au cirque...» «pas l’temps, Germaine, trop de boulot... après si t’es libre...» Ainsi elles rechargeaient les accus... tout en ayant le radium dans le greffier pour certaines... avant de repartir au racolage. Nombreuses étaient des vioques et si on les mettait dans un cadre XVII°, ça faisait un tableau d’époque... avec leurs roberts en oreilles de cocker et leurs yeux bordés de jambon... Pas toutes avaient la gueule à faire des contre-appels dans les cimetières, mais en croiser une à bloquer les roues de corbillard était fréquent... Tout le monde se connaissait et s’acceptait... les cloches aussi avec leurs poux... et le morceau de lard donné par le viandeux du coin... Même les hirondelles allaient à leur guise, surveillant par routine...
Le matin, tout disparaissait : le quartier était nickel après les passages des arroseuses, des balayeurs... Tout ce petit monde faisait ses comptes avant de se glisser au lit...

Quand les uns pliaient leur monde, d’autres dépliaient leurs journaux : la ronde des BM commençait... Les porteurs pleins de Figaro, Aurore, ou autre France Soir, maniés de mains de maître et avec «précision» par les livreurs coiffés d’une simple casquette ou d’un traditionnel béret, la plupart tête nue, les jambes à l’abri, sous le tablier de cuir, les mains dans les manchons... quelques nez de cochon... et ces flats qui ronronnaient à merveille, fidèles au labeur, attelées ou non... (les solos avaient un grand sac à rabat (vert) posé sur le réservoir pour y mettre les dernières éditions). Toute une époque... vraiment une autre époque... Voilà comment m’est venue le désir d’une moto noire à filets blancs : avoir la tête au vent... mais n’ayant pas l’âge, ma tête restait dans les nuages.

Puis est arrivé cet incident, jour mémorable pour moi. À l’époque, aucune circulation sur les berges de la Seine, les quais étant bien souvent à double sens. Un dimanche matin, rive droite, un peu avant le pont de Bir Hakeim... avec mes parents, en voiture, nous allions «prendre l’air», suivis par deux motards... Sans passagers, les gars étaient vêtus de cuir, avec leur bol sur la tête, et je n’avais d’yeux que pour eux et leurs motos... Quelles étaient belles ! Imaginez : deux Norton Atlas 750cc !!... dans leur livrée grise avec les liserés noirs et le nom magique sur le réservoir : deux Pégases mécaniques !... et quel bruit !... Peu de circulation... bien entendu, les gars nous doublent sans mal... et filent à un rythme sans excès ni surprise : une Norton !... faudrait une Jaguar ou une Ferrari pour les suivre !... Ils sont déjà à une cinquantaine de mètres devant nous, quand une auto fait demi-tour juste à leur hauteur... Le choc est inévitable sur la première moto. Frappé du côté droit, le gars maintient son équilibre et s’arrête peu après, rejoint par son camarade, et les voitures présentes. En appui sur sa jambe gauche, il gueulait comme un boeuf... des cris de douleurs... et cette foutue jambe droite toujours en position sur la moto... et pour cause : le sélecteur de vitesse (à droite sur les anglaises à l’époque) dans le pied ! Il avait tout traversé : botte, chair... profondément ancré dans le membre... Le gars n’était pas tombé !... Les secours sont arrivés... embarqué le blessé après l’avoir dégagé... comment ? je ne sais plus. L’ automobiliste fautif et ses passagers, des italiens paumés à Paris, étaient catastrophés... Voilà comment m’est venue ma passion pour la Norton... une moto d’homme !... Quand j’serai grand...

Quelques temps plus tard, 11 piges, la pension... Tous les 15 jours, nous pouvions rentrer chez nous, et ce, avec joie ! Un prof venait avec une BMW 500... Cette moto, je l’ai vu tous les jours, pendant un an... et pendant un an, j’en ai rêvée... Silencieuse, confortable, propre, jamais en panne... c’était celle que je voulais quand j’aurai l’âge... quand j’serai grand...

Puis, un jour, Montlhéry... courses de voitures et de motos... en alternance... Départ... la poussette... le vacarme... debout sur le repose pied avant d’enjamber la bécane... les voilà partis... et vite, très vite, la blanche et bleue domine totalement la course... Tout de noir vêtu, le casque type aviation aux couleurs de la moto, ce pilote devint mon idole d’un jour. Qui est ce ?... jamais je ne le saurais (peut être Georges Monneret ?). Mais il était vraiment au-dessus... tout en haut du virage... sur sa Norton (ou AJS ?) 500... l’épreuve reine... Bien entendu, il a gagné... (j’ai aussi été envoûté par la Ferrari GTO victorieuse des 1000 km de Paris avec les frères Rodriguez (Pedro et Ricardo) à son volant... en 1963 si j’ai bonne mémoire... Quelle auto !).

Une autre fois, en voiture, nous descendions en Provence, dans la famille. L’autoroute du Sud commençait à se dérouler sans limite... et les radars pas encore installés. Mon père conduisait assez vite à l’époque : l’aiguille oscillait entre 160 et 180... Derrière nous, un motard sur une V7, sans carénage ni tête de fourche... Blanche, aux liserés noirs et rouges, la guzzi marchait du feu de dieu... 200 bornes ensemble... ce jour-là, l’italienne m’a vraiment impressionné et enthousiasmé... j’en étais charmé, au point d’en être conquis... Quand j’serai grand....

La passion s’anime... et m’éternise chez les agents... Bd Sébastopol, vendeur BMW, tout comme Dynamic Sport ou Moto Bastille (Murit est trop loin... ce n’est pas mon quartier) : ah la 69S !!... avec une selle bi-place, un carénage intégral et des bracelets : tout pour se taper les 175 chrono... (on parle d’une nouvelle BM, mais personne ne la voit). Ni l’âge, encore moins les moyens, ne m’autorisent autre chose que rêver... reste Moto Revue... chaque semaine (le samedi ?), en noir et blanc, couverture sur fond rouge... que de motos dans mon garage imaginaire !... La MV ne fut pas délaissée... elle y trônait en place de choix... Quand j’serai grand... bientôt...

Premier périple : Paris - la Provence... hé oui... déjà... en Honda C50, avec mon frère, mon aîné... Il fallait le permis, je ne l’avais pas... n’empêche que j’ai donné un coup de pogne au frangin, pour qu’il ne soit pas seul à conduire... 24 heures à deux, avec armes et bagages... et le petit moulin a fait l’aller... et le retour... 1500 km... Autant dire c’était du solide...

Enfin ma première moto : une Norton Commando Fast Back 850cc MK1, sélecteur de vitesse à droite, tout comme le kick que mes 55 kg ne faisaient pas bouger d’un pouce !... Si les réglages d’une anglaise demande du doigté, sa mise en marche réclame du mollet... Heureusement, l’armée m’avait offert ce coup de jarret nécessaire pour écouter la mélodie caverneuse du vertical twin... mais pas souvent du premier coup. Ne l’ayant pas payée cher, l’état ne pouvait pas être parfait... Disons qu’elle devait être fatiguée, et méritait une remise en forme, ce qui, faute de menue monnaie, ne put être fait... Après quelques milliers de km, elle décidait de choir à Ussel, son joint de culasse ayant préféré expirer... Les volcans étaient vraiment éteints... la Norton aussi. Là déjà, j’ai dû pousser en Auvergne, et malgré cela, j’en garde un bon souvenir... à tel point que je n’ai pu m’empêcher de recommencer beaucoup plus tard... alors que je n’avais plus l’âge...

Puis vint le Guzzi 850GT, solo-side, avec nez de cochon et pneus carrés. Un bon tracteur, mais lourd, très lourd à l’arrêt... et les vibrations qui exigeaient une récupération de boulons et autres qui se faisaient la malle... Certes, c’était sympa, surtout le sélecteur double branches, mais peu pour moi... mon gabarit latin ne lui convenait pas... une transalpine qui préférait les statures germaniques ou norvégiennes... chacun ses goûts... Pourtant, moi, je ne repoussais pas les jolies italiennes...

Elle fut suivie par sa dauphine, une maîtresse : la «Le Mans» 850... tenue de route, freinage, couple, puissance... tout y était sur cette moto... sauf le confort... mais quand on est jeune, on peut dormir n’importe où... Avec elle, je suis allé à la frontière des deux Allemagne, dans le Nord... voir de loin (impossible de près), l’occupant soviétique, la large bande dénudée entre deux rangées de barbelés, surplombée en quelques endroits par les postes d’observation ou de surveillance... et sur l’asphalte teuton, la «Le Mans» était reine à mes yeux... Des milliers de km à ses bracelets, jamais elle ne m’a déçu... fatigué, éreinté ? oui... Je n’en pouvais plus...

Les années passent... l’aurore s’éloigne doucement... le couchant montre ses premières lueurs : rides, cheveux blancs... mais la passion toujours présente : l’ère BMW arrive... j’en ai l’âge.
Une R100R sera mon apprentissage et mon accoutumance... et au fil du temps, au fil des km, j’aurai beaucoup d’affection pour elle et de respect... jamais d’amour fou... mais du raisonnable... Grâce à elle, j’ai oublié la moto pour savourer l’aventure, la liberté, l’inconnu, la découverte de petites routes désertes, de paysages magnifiques au lever du jour (les Cévennes par exemple, les Vosges, l’Auvergne, la Bretagne...), de contrées sauvages sans se soucier de son bon fonctionnement... une union de raison en quelque sorte... Une merveilleuse moto pour celui qui veut simplement partir, sans soucis de mécanique par incompétence dans ce domaine. J’ai sillonné la France au rythme de son moulin (sauf le Nord)... en revenant toujours à bon port... Pare-brise, manchons, tablier, sacoches alu, ainsi équipée, elle vous emmène loin... et par tout temps.

Ma dernière : l’une de nos chères séries 2... Qu’en dire ? Rien (car ce n’est pas à vous que je donnerai l’envi de la chevaucher vers les horizons lointains)... oui, rien à dire... sinon que mon rêve s’est encore une fois réalisé...

En guise de conclusion : seuls des passionnés peuvent se comprendre. Ils atteignent le même but par des chemins parfois fort différents... et heureux l’homme qui peut s’évader avec sa monture sur laquelle il se sent bien... pour simplement vivre sa passion !...

theflat


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Re: La passion selon saint flat...

Message  C parti ... 06 le Lun 22 Aoû - 23:14

Merci pour cette belle lecture (j'adore tes descriptions "ambiance Années 60")
émotions partagées!
Effectivement il n'y a parfois rien à dire; seul compte le ressenti ! celui qui roule avec toi le partagera ... ou pas !?
Mes souvenirs ne sont peut-être pas aussi précis, mais on peut s'y retrouver ... bouffée de flash-back.
bien lit
encore du frisson et de l'émotion Svp
jap
Bonnes routes theflat
biker

C parti ... 06


http://gallery.me.com/yves.cessot

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Re: La passion selon saint flat...

Message  jmarc06 le Mar 23 Aoû - 8:07

Du ressenti commun et partagé. bien bien bien

jmarc06


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Re: La passion selon saint flat...

Message  the thing le Mar 23 Aoû - 8:16

J'aime beaucoup ce que tu as écrit sur Paris, les Halles, le matin tôt, les camions, la fourmilière des petits boulots, j'ai connu un peu avec mon père et tu m'as projeté en arrière drunken c'était une très belle époque, mon époque aussi et je suis malheureusement nostalgique de ces moments là Twisted Evil
Le présent me fait chier pour être clair, je ne m'y reconnait pas, en tous cas merci pour ton récit....... serremain

the thing


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Phil... le Mar 23 Aoû - 8:53

J'ai déja lu ces lignes sur un autre forum.....
Si tu en es l'auteur, nous aurons le plaisir de te lire ici aussi....
clin
Phil...
***

Phil...


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Rock23 le Mar 23 Aoû - 10:07

Trés beau récit,on s'y retrouve.Ca me rappel tous mes souvenirs de jeunesse,rêver devant la vitrine du concessionaire local,les becanes qui passaient dans la rue "quand je serai grand".......... Merci pour tout ça.

Rock23


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Re: La passion selon saint flat...

Message  jbt le Mar 23 Aoû - 10:13

Beau récit, mais si je puis me permettre, un peu trop de points de suspension. Ça casse le rythme de lecture et ça gâche tout, dommage.

jbt


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Rock23 le Mar 23 Aoû - 10:22

jbt a écrit: un peu trop de points de suspension. .



En parlant de suspension,qui aurai un bon "olhins "pas cher............. lol!

Rock23


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Re: La passion selon saint flat...

Message  yves le Mar 23 Aoû - 11:22

J'ai trouvé ton récit très juste et il m'a rappelé des tas de souvenirs et d'émotions semblables; c'est d'ailleurs à ça qu'on reconnait un bon récit....
Et aussi bravo pour les points de suspension ! on en met jamais assez... J'espère qu'on pourra encore te lire.

yves


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Re: La passion selon saint flat...

Message  jbt le Mar 23 Aoû - 11:35

C'est vrai que la série 2 était une moto particulièrement suspendue...
Même sa production l'a été en 70!

jbt


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Rock23 le Jeu 25 Aoû - 16:30

jbt a écrit:C'est vrai que la série 2 était une moto particulièrement suspendue...
Même sa production l'a été en 70!


hahaha

Rock23


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Re La passion selon saint flat...

Message  steflat12 le Jeu 25 Aoû - 17:30

super ton texte

c'etait une autre epoque tout a helas change

steflat12


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Ornach le Jeu 25 Aoû - 18:20

ça m'a renvoyé au temps ou j'écumais les halles à l'époque du trou avec mon Derbi kité en 75cc !
( les halles démontées ils avaient fait un grand trou et ne savaient pas trop quoi en faire !)
Mais il y avait encore de l'ambiance dans ce quartier , la rue Montorgueuil, la rue du Cygne ou j'ai eu mon premier boulot de livreur (estafette Renault, un poème !)
Ces dames au verbe haut et les troquets enfumés où ça braillait !
Merci theflat !

Ornach


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Re: La passion selon saint flat...

Message  yves le Jeu 25 Aoû - 18:31

steflat12 a écrit:super ton texte

c'etait une autre epoque tout a helas change

Oui...mais non... Les choses changent, la société évolue, mais fondamentalement les gens ont les mêmes rêves, les motocyclistes comme les autres, et la moto est un formidable générateur de liberté, comme le rock and roll.
Comme Woody Guthrie, le chanteur américain, l'écrivait sur toutes ses guitares:" This machine kills facists "
Et je ne crois pas que nous ayons tellement changé, ce forum en témoigne.

yves


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Re: La passion selon saint flat...

Message  hadoc le Lun 29 Aoû - 13:48

Merci pour cette tranche de vie, ça m'amène pas mal loin en arrière,

et peut importe que je réside à la campagne ou à la ville.

Mon récit à moi serait différent, et c'est pareil pour nous tous autant

que nous somme, mais la passion reste la même.


--------------------------------------------------------------------- bien

hadoc


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Re: La passion selon saint flat...

Message  Richard de l'Aulagnier le Mar 30 Aoû - 13:39

J'aime beaucoup ta description de la BM:J'ai oublié la moto pour vivre l'aventure,c'est tout à fait ce que j'éprouve et c'est ce qui e plais dans une moto,qu'on puisse l'oublier pour mieux apprécier le paysage,les odeurs,le chaud,le froid,les gens,parfois un bel enchainement de courbes,bitumeuses ou féminines,merci.

Richard de l'Aulagnier


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Re: La passion selon saint flat...

Message  yves le Mar 30 Aoû - 16:23

"Comment nous est venu cette passion pour la moto?"
Si je devais répondre à ta question, je ne saurais trop par quoi commencer. C'est sûr que pour moi, c'est plus qu'un loisir ; c'est plutôt, comme pour les gens inscrits dans ce forum, une façon de voir la vie, de vivre le monde...
Je n'ai pas de réponse simple, j'ai que des flashes :
l'admiration d'un petit garçon devant les gendarmes motocyclistes, fiers et bottés, qui intimidaient tant mon père arrêté sur le bord de la route et qui, chevaliers magnanimes, nous laissaient repartir avec une simple remontrance.
Ce motard qui remonte la rue, les gants dans la poche arrière du jean, qui croise un autre motard en train de béquiller sa BSA sur le bord du trottoir et qui lui tape dans la main au passage. Fraternité entre deux inconnus...
Cette putain de magnifique Super Vap rouge à vitesse, à la vitrine du magasin, que j'ai dévoré des yeux pendant un an tous les soirs en sortant du lycée... Je vois encore son réservoir en haricot façon Aermacchi, rouge orangé avec l'intérieur crème. Son moteur sach à six vitesses… Les copains, eux ne pensaient qu'aux bagnoles.
La photo d'Aermacchi accrochée au mur de ma chambre. La fiche technique annonçait 270 km/h, une faute de frappe, mais ça m'impressionnait beaucoup à l'époque. Et puis j'aimais tellement la ligne sensuelle des italiennes...
Cette énorme HD, si rares à l'époque, admirée dans une rue de Lille, passant au ralenti, dans le pom-pom rythmique de ses échappements.
Et plus tard, à chaque nouvel achat de moto, l'émotion qui fait trembler les mains au démarrage...
Et puis Marlon Brando, avec son cuir et sa belle gueule d'ange... et tous ces rockers anglais sur leurs machines d'acier brut. Et gainsbourg, et Emma Peel, pretty leather girl, et tous ces symboles de liberté...
Je vous le dis, les gars, même vieux, même moches, on est tous des héros romantiques !
je pleure je pleure
old

yves


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